Repères
| Naissance | 31 décembre 1941, Govan (Glasgow) |
| Père | Alexander, aide-ajusteur dans la construction navale |
| Premier métier | Apprenti outilleur |
| Manchester United | 1986-2013, 38 trophées |
| Santé | Hémorragie cérébrale en 2018, rétabli |
Govan, la maison de sa grand-mère
Alexander Chapman Ferguson naît le 31 décembre 1941 chez sa grand-mère, sur Shieldhall Road, à Govan, quartier ouvrier de Glasgow. Son père, Alexander Beaton Ferguson, est aide-ajusteur dans la construction navale ; sa mère, Elizabeth, née Hardie. Il grandit dans un immeuble de la Govan Road, aujourd’hui démoli, fréquente l’école primaire de Broomloan Road puis le lycée de Govan. Il a un frère cadet, Martin, footballeur lui aussi.
Il joue d’abord au club de garçons de Harmony Row, puis à Drumchapel Amateurs. Parallèlement, il fait un apprentissage d’outilleur à Hillington et devient délégué syndical. Selon un article de 90min, il a failli émigrer au Canada avant que sa carrière ne décolle.
Un joueur de second plan, une défaite qui reste
Il joue à Queen’s Park (1957-1960), St Johnstone, Dunfermline, aux Rangers (1967-1969), à Falkirk, puis à Ayr United. À Dunfermline, il est co-meilleur buteur du championnat 1965-66 avec 31 buts. Aux Rangers, il arrive pour un montant record en Écosse, 65 000 livres, mais il est tenu pour responsable d’un but en finale de la Coupe d’Écosse 1969, puis relégué à l’équipe réserve. Il quitte les Rangers à contrecœur.
Il a épousé Cathy Holding, catholique. Selon la source, certains ont cru que cela avait compté dans son traitement aux Rangers.
Premiers bancs : 40 livres par semaine
Il commence en juin 1974 à East Stirlingshire, à temps partiel, pour 40 livres par semaine. Il passe à St Mirren (1974-1978), gagne la deuxième division en 1977, puis est licencié ; il porte l’affaire devant un tribunal du travail et la perd.
À Aberdeen (1978-1986), il gagne trois titres (1980, 1984, 1985), quatre Coupes d’Écosse, et surtout, le 11 mai 1983, la Coupe des vainqueurs de coupe contre le Real Madrid (2-1). Sa discipline lui vaut le surnom de « Furious Fergie ». Après la mort de Jock Stein, il dirige brièvement l’Écosse, jusqu’au Mondial 1986.
Manchester United : trois ans d’excuses
Il est nommé le 6 novembre 1986, à la place de Ron Atkinson. Le club est vingt et unième ; il finit onzième. Sa mère meurt d’un cancer du poumon, à 64 ans, environ trois semaines après sa nomination.
À la fin de 1989, une banderole proclame : « Trois ans d’excuses et c’est toujours nul… ta ra Fergie ». Il est sauvé, dit-on, par une victoire 1-0 en Coupe d’Angleterre à Nottingham Forest, grâce à un but de Mark Robins ; United gagne cette Coupe en 1990. Le premier titre de champion arrive en 1992-93, le premier de l’ère Premier League.
1999 : le triplé
En 1998-99, United gagne le championnat, la Coupe d’Angleterre et la Ligue des champions, avec un but de Solskjær à la fin du match de Barcelone. Il est anobli en 1999. Il compte treize titres de champion, cinq Coupes d’Angleterre, quatre Coupes de la Ligue et deux Ligues des champions (1999 et 2008), soit 38 trophées à United et 48 au total, en 39 ans de carrière d’entraîneur.
Il forme aussi la « classe de 92 » : les frères Neville, Beckham, Scholes, Butt. En décembre 2010, il dépasse Matt Busby comme entraîneur le plus durable du club.
2001 : la retraite annulée
Il annonce sa retraite en 2001, puis fait machine arrière le jour de Noël de la même année, après avoir été persuadé par sa famille. Il la prend finalement en 2013, après un dernier titre de champion. Il siège depuis au conseil d’administration du club.
2018 : l’urgence
En 2018, il est opéré en urgence d’une hémorragie cérébrale, dont il se remet. Il a fêté ses 80 ans le 31 décembre 2021. Le documentaire « Alex Ferguson : Never Give In » (2021) retrace sa vie.
Du jeune délégué syndical de Govan à l’entraîneur qui a dirigé le même club pendant plus de vingt-six ans, le chemin tient en une phrase : un fils d’ouvrier, un apprenti, un homme qui a commencé à 40 livres par semaine.