Repères
| Naissance | 22 octobre 1949, Strasbourg |
| Enfance | Duttlenheim (Alsace), bistrot La Croix d’Or |
| Surnom | « Le Professeur » |
| Arsenal | 1996-2018, premier Français en Premier League |
| Aujourd’hui | Directeur du développement du football mondial à la FIFA (depuis 2019) |
Un bistrot de village
Arsène Charles Ernest Wenger naît le 22 octobre 1949 à Strasbourg, le plus jeune des trois enfants d’Alphonse et de Louise Wenger. Il grandit surtout à Duttlenheim, un village à une quinzaine de kilomètres. La famille y tient un commerce de pièces automobiles et le bistrot La Croix d’Or. Son père a été incorporé de force dans l’armée allemande en 1944 et envoyé sur le front de l’Est ; il dirigera aussi l’équipe de foot du village.
Enfant, il parle alsacien avant d’entrer à l’école, qui est catholique. Le bistrot ne ferme qu’à Noël. Il assiste à la messe tous les jours et se confesse chaque semaine, dit-il en 2020 dans l’émission Desert Island Discs.
Ce que le café lui apprend
En 2009, devant l’association des entraîneurs anglais, il explique : il n’y a pas de meilleure éducation psychologique que de grandir dans un café. Il y a vu comment les adultes se parlaient, y compris leurs insultes, et appris les débats sur qui doit jouer à l’aile gauche. Un enfant de cinq ou six ans, dans un village, qui vit parmi les grands : c’est, dit-il, une expérience peu commune.
Il commence le football vers six ans, admire le Borussia Mönchengladbach et rejoint le FC Duttlenheim à douze ans ; il y est capitaine de fait à l’adolescence.
Un joueur-étudiant
Milieu de terrain, il joue à Mutzig (1969-1973), où son mentor Max Hild lui apprend la tactique, puis à Mulhouse (1973-1975), sous Paul Frantz, qui forme ses idées sur la nutrition et l’isométrie, à l’ASPV Strasbourg, puis au Racing Club de Strasbourg (1978-1981), avec un match de Coupe UEFA et un de première division. En parallèle, il fait des études d’économie à l’université de Strasbourg. Il obtient son diplôme d’entraîneur en 1981.
Cannes, Nancy, Monaco
Il débute comme adjoint de Jean-Marc Guillou à Cannes en 1983, puis dirige Nancy (1984-1987), relégué lors de sa dernière saison. À Monaco (1987-1994), il est champion dès sa première saison, gagne la Coupe de France 1991 en battant Marseille, atteint la finale de la Coupe des vainqueurs de coupe 1992 (perdue) et une demi-finale de Ligue des champions en 1994. Il est licencié en septembre 1994, avec l’équipe au 17e rang.
Nagoya, la leçon du Japon
Il part au Japon, à Nagoya Grampus Eight (1995-1996) : deuxième du championnat en 1995, vainqueur de la Coupe de l’Empereur et de la Supercoupe début 1996, élu entraîneur de l’année en J-League. Il a dit plus tard que le Japon avait adouci son tempérament.
Arsenal : 22 ans
Nommé le 22 septembre 1996, il prend ses fonctions le 1er octobre : le premier Français à entraîner en Premier League. Il change l’alimentation, l’entraînement, la culture de l’alcool et le recrutement à l’étranger. Arsenal réussit le doublé championnat-Coupe en 1998 et en 2002, puis la saison 2003-2004 sans défaite en championnat, les « Invincibles » : la série de 49 matchs sans défaite s’arrête le 24 octobre 2004. Il atteint la finale de la Ligue des champions 2006, perdue 2-1 contre Barcelone. Il gagne aussi la Coupe d’Angleterre en 2014, 2015 et 2017, soit sept au total, un record pour un entraîneur.
Ses joueurs l’ont surnommé « l’inspecteur Clouseau » à cause de sa maladresse ; Tony Adams le décrit comme un sage dégingandé, doué d’humour. Un détail rapporté : il a fait arrêter un bus pour vomir après une défaite.
20 avril 2018 : partir
Après dix-huit mois de critiques sur les résultats, il annonce le 20 avril 2018, à 68 ans, qu’il quittera le club en fin de saison : « Je pense que c’est le bon moment pour moi de m’écarter ». Il dit avoir dirigé le club avec engagement et intégrité. Il reçoit une ovation avant son dernier match à domicile, un 5-0 contre Burnley ; son dernier match sur le banc est une victoire 1-0 à Huddersfield.
Les regrets
En novembre 2020, il confie que la foi catholique l’a laissé « jamais complètement heureux, parce qu’on ne fait jamais assez bien », et qu’elle lui a donné un sentiment de culpabilité et le goût du travail. Il avoue : « J’ai tellement donné à mon métier que cela a été très difficile », et regrette de ne pas avoir été, pour sa famille, à la hauteur de ce qu’on attend d’un homme comme lui.
Depuis le 13 novembre 2019, il est directeur du développement du football mondial à la FIFA, sous la présidence de Gianni Infantino.