Repères
| Naissance | 18 octobre 1938, Colmar |
| Parents | Marcel Roux, officier, et Alice Lorry |
| Premier poste | Joueur-entraîneur d’Auxerre, en 1961 |
| Sommet | Champion de France et Coupe de France en 1996 |
| Livres | Entre nous (2006), Il n’y a pas que le foot dans la vie (2015), Confidences (2023) |
Un petit garçon, une guerre, un régiment
Guy Marcel Roux naît le 18 octobre 1938 à Colmar. Son père, Marcel, est un jeune officier sorti de l’école militaire de Saint-Maixent, affecté au 152e régiment d’infanterie, surnommé les « diables rouges ». Sa mère, Alice Lorry, est la fille d’un ancien maraîcher devenu fournisseur de légumes de l’armée. Selon un article de These Football Times, son père a été capturé et retenu prisonnier pendant les premières années de la Seconde Guerre mondiale ; la famille s’installe alors à Appoigny, près d’Auxerre.
Les sources disponibles disent peu de l’enfance de Guy Roux. Il l’a racontée dans ses livres, que nous n’avons pas pu consulter : Entre nous (2006), Il n’y a pas que le foot dans la vie (2015) et Confidences (2023).
1961 : un club de quatrième division, un jeune de 22 ans
Joueur à Auxerre (1954-1957), puis à Poitiers et à Limoges, il revient en 1961 à l’AJ Auxerre comme joueur-entraîneur, alors que le club végète en Division d’honneur, le quatrième échelon. Il a vingt-deux ans. Son salaire est de 7 200 francs, et il promet à ses dirigeants une gestion autonome et des exigences salariales faibles.
Les sources ne s’accordent pas sur la fin de sa carrière de joueur : une source la fixe à 1970, une autre n’en trouve trace qu’en 1961-1962. Nous retenons seulement qu’il a longtemps été à la fois sur le terrain et sur le banc.
Monter, marche après marche
Le club gagne le titre de Division d’honneur de Bourgogne en 1969-1970, passe en Division 3 en 1970, puis en Division 2 en 1974. Une finale de Coupe de France est atteinte en 1979, puis Auxerre accède à la première division : 1980 selon Wikipédia, 1981 selon These Football Times.
Une anecdote dit tout du système Roux : il tenait lui-même le standard du club et il aurait convaincu des agriculteurs voisins de donner du fumier de chèvre pour les terrains. Dans un club sans moyens, il faut tout faire soi-même.
1980 : refuser une vedette, bâtir une école
En 1980, Auxerre renonce à recruter l’attaquant international Olivier Rouyer et choisit d’investir dans un centre de formation, inauguré en 1982. Le pari est devenu une marque : Eric Cantona, Basile Boli, Frédéric Darras, Stéphane Mazzolini, Philippe Mexès, Djibril Cissé, Raphaël Guerreiro sont passés par le club, et Laurent Blanc ou Enzo Scifo y ont relancé leur carrière.
Sous sa direction, Auxerre gagne quatre Coupes de France (1993-94, 1995-96, 2002-03, 2004-05), atteint une demi-finale de Coupe UEFA en 1992-93 et un quart de finale de Ligue des champions en 1996-97, éliminé par Dortmund.
1996 : le doublé
En 1995-96, Auxerre est champion de France et gagne la Coupe de France (finale contre Nîmes). Roux est élu meilleur entraîneur de Ligue 1. Il reçoit en 2000 le prix du président de l’UEFA. Il est aussi, de 1977 à 2000, secrétaire général de l’UNECATEF, le syndicat des entraîneurs professionnels : on le voit défendre les siens autant que son club.
Un caractère difficile
Le portrait n’est pas tout rose. These Football Times évoque un homme réputé radin, que des invités ont critiqué pour sa pingrerie même après qu’il s’est enrichi. Des anciens du club le craignaient, et certains le jugeaient tyrannique. Michel Platini l’a accusé de ne penser qu’à lui. Mais le même texte résume sa place en une phrase : « Roux, c’était Auxerre ».
Son amitié avec Michel Hidalgo et son admiration pour Alf Ramsey sont citées dans les sources. Il a accueilli Jean-Marc Ferreri « comme un second fils ».
Départs, retours, adieu
Il quitte le banc en 2000 pour un rôle de directeur sportif, revient en 2001, puis annonce son départ le lendemain de la Coupe de France 2005, gagnée contre Sedan ; il est remplacé par Jacques Santini en juin 2005. Une partie du public y voit une façon d’attirer l’attention le jour de la fête.
En juin 2007, il signe deux ans à Lens, mais démissionne le 25 août après une défaite 2-1 à Strasbourg, au bout d’une poignée de matchs.
Ce qu’il laisse
Quarante-quatre ans, selon la formule consacrée, entre ses débuts et son départ, avec une interruption dans les années 2000-2001. Les chiffres sont discutés : environ 2 000 matchs selon un texte, 1 747 pour Auxerre et 1 754 au total selon le tableau de Wikipédia. Dans les deux cas, un record de longévité, et l’histoire d’un jeune de vingt-deux ans qui a pris le seul club qu’on lui confiait.